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Initiative en Amérique Latine / informations sur le Pérou


           Conséquemment, l’amélioration de la qualité de vie dans les bidonvilles et la périphérie des grandes villes d’Amérique latine devient un axe incontournable de la lutte mondiale contre la pauvreté et de la stratégie des OMD.
           
           La situation du Pérou, et plus particulièrement celle des bidonvilles de Lima, exemplifie certains des problèmes reliés à cette lutte mondiale contre la pauvreté :

  • En 1997, le salaire moyen au Pérou était évalué à 113 dollars US par mois.
  • En 2001, plus de 2 millions d’enfants de moins de 5 ans étaient atteints de maladies pulmonaires ou respiratoires aiguës, contre environ 740 000 en 1991, et plus d’un demi millions de maladies digestives aiguës.
  • En 2002, 12,7 % de la population souffrait de malnutrition.
  • En 2003, 11,4 % de la population vivait avec moins de 1$ US par jour et 42,9 % de la population urbaine était en dessous du seuil de pauvreté national.
  • En 2004, seulement 58,2 % des enfants défavorisés âgés entre 12 et 16 ans fréquentaient régulièrement l’école, 11 % des populations urbaines ne disposaient pas d’accès à l’eau potable, 29 % n’avaient pas accès à des infrastructures sanitaires (3). 

              À l’origine un oasis au milieu du désert pouvant accueillir quelques milliers de personnes, Lima est aujourd’hui une ville de 10 millions d’habitants dont plus de la moitié vivent dans les bidonvilles. Ceci est dû en partie à l’exode rural qui eut lieu dès 1960. Descendant des montagnes, des milliers de paysans en quête de travail vinrent s’installer en périphérie de Lima, au beau milieu du désert, sur des territoires appartenant à de grands propriétaires terriens et à l’État.

            La première réaction des autorités fut d’interdire ces occupations illégales et de détruire les logements précaires construits par les nouveaux arrivants. Cette politique de tolérance zéro, et la non-reconnaissance du problème posé par cette arrivée massive  de pauvres venus des montagnes, firent en sorte qu’aucune autorité, municipale ou autre, n’encadra la planification et la construction d’infrastructures urbaines et sanitaires de base (égouts, eau potable, routes, électricité, systèmes d’évacuation et de traitement des eaux usées, etc.).

            Ce n’est que vers les années 1970, devant la persistance des occupations illégales et le nombre toujours croissant de nouveaux arrivants, que le gouvernement se décida à reconnaître les périphéries de Lima sans toutefois s’occuper de leur gestion et de leur planification.

 

            Alors que le développement des bidonvilles de Lima se faisait de manière sauvage et aléatoire, un autre événement vint, en 1980, empirer la situation des périphéries urbaines : la guerre civile qui opposa le Sentier Lumineux aux forces gouvernementales. Opposant des rebelles d’inspiration maoïste aux forces armées nationales, ce conflit fit comme principale victime la population rurale du Pérou. Pris entre deux feux, les habitants allèrent se réfugier par milliers à Lima, provoquant un second exode rural, qui augmenta considérablement le nombre de personnes démunies et sans ressources vivant dans les bidonvilles. Aujourd’hui, les bidonvilles de Lima regroupent plus de 5 millions de personnes, représentant plus de la moitié de la population de la capitale.

            Il va sans dire que les conditions de vie dans les bidonvilles sont des plus difficiles. Les habitants sont confrontés à d’importants problèmes liés à la pauvreté, comme le logement précaire, la malnutrition, les problèmes de santé et d’éducation et de mauvaises conditions d’hygiène. Dans le quartier de Huascar, là où Projet Contigo travaille, la collecte des déchets est payante et a lieu une fois par semaine. Certaines maisons n’ont ni eau potable ni électricité. Les toilettes sont souvent construites dehors, à ciel ouvert, ou se résument à un bac vidé dans la rue ou sur les piles de déchets qui brûlent par-ci par-là. La plupart des habitants travaillent 10 à 12 h par jour, le plus souvent à Lima, à environ 1 h 30 de bus. Les enfants, qui terminent l’école à 12 h 30, sont souvent sans surveillance l’après-midi et dans la soirée.

            Ces conditions précaires compromettent le cheminement des jeunes (près de la moitié de la population urbaine du Pérou est âgée de moins de 25 ans). Dès l’âge de 10 ans, les jeunes enfants des bidonvilles de Lima sont confrontés à de lourdes responsabilités quant à leur survie ou envers leur famille, qui les empêchent de se concentrer sur leur réussite scolaire. Obligés de travailler pour manger, de garder les petits frères et sœurs ou d’aider leurs parents à faire vivre la famille, les jeunes des bidonvilles de Lima n’ont guère les moyens d’obtenir le niveau d’éducation nécessaire pour avoir un salaire décent et sortir de la pauvreté.

 

            Le climat de la région de Lima rend la vie encore plus difficile. L’été, aride et sec, enveloppe les bidonvilles dans un nuage de poussière et l’hiver, de mai à octobre, la garùa, sorte de bruine incessante, porte le taux d’humidité à presque 100 %. Mal logés, mal nourris et mal vêtus, les enfants défavorisés du bidonville de Huascàr sont la proie des problèmes respiratoires et des maladies infectieuses.

            Dans ce contexte précaire, les activités et les priorités du Projet Contigo cadrent avec les objectifs de réduction de la pauvreté des OMD. Œuvrant principalement auprès de jeunes enfants dans le domaine de l’éducation et de la santé, Projet Contigo a pour objectif d’améliorer les conditions de vies des enfants victimes de la pauvreté urbaine et de favoriser leur cheminement scolaire.

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3 - Toutes les statistiques sont tirées du site de l’INEI : http://www1.inei.gob.pe/inicio.htm et du site des indicateurs des OMD pour le Pérou : http://millenniumindicators.un.org/unsd/cdb/cdb_country_prof_results.asp?crID=604&cpID=16