Initiative en Amérique latine
L'Amérique latine est une région du monde où les défis, pour tout acteur du développement, sont énormes. L'exode rural, la croissance démographique et la mauvaise planification urbaine, les crises politiques et les conflits armés, les interventions passées des institutions internationales comme le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque Mondiale (BM) font en sorte que le continent est aujourd'hui confronté à d'importants problèmes reliés à la pauvreté, particulièrement en milieu urbain.
Diverses stratégies pour le développement de cette région ont été mises en place par les principaux acteurs internationaux. Au début des années 1980, sous l'influence du Consensus du Washington et en raison des dettes considérables des pays pauvres, le sous-développement des pays d'Amérique latine est perçu comme le résultat d'une mauvaise gestion étatique. Le FMI et la BM mettent en place des programmes d'ajustements structurels (PAS) ayant pour but de réformer les pratiques des États endettés
Selon ce système, les États demandeurs recevaient des fonds destinés à rembourser leur dette extérieure, en échange de quoi, ils devaient se soumettre à un ensemble de mesures (conditionnalités) dont l'objectif premier était de réduire au maximum les dépenses gouvernementales et de convertir au libre-échange les économies des pays récipiendaires. L'ère du néo-libéralisme commence.
L'idée du développement ici n'est pas de s'attaquer aux conséquences du sous-développement (pauvreté, analphabétisme, etc.). L'Histoire nous a montré que cette stratégie de développement, loin d'avoir amélioré la situation des pays pauvres, a contribué aux conditions présentes dans plusieurs pays d'Amérique latine.
En effet, afin d'imposer aux gouvernements du Sud une gestion saine, les PAS du FMI forcèrent la réduction des dépenses, principalement celles non-rentables, comme l'éducation, la santé et les programmes d'aide sociale. De plus, l'ouverture des marchés des pays du Sud porta un dur coup à leur économie en augmentant leur dépendance vis-à-vis des importations de biens provenant des secteurs secondaires et tertiaires, généralement produits par les pays développés, en en favorisant la privatisation des entreprises d'État et leur rachat par des capitaux étrangers.
Il va sans dire que les populations les plus démunies d'Amérique du Sud, tant rurales qu'urbaines, furent durement touchées au cours de cette période. Face à l'échec de la stratégie des PAS et suite aux sévères critiques fusant de toutes parts, la communauté internationale mit en place au début de 2000, un nouveau plan d'action connu sous le nom de la déclaration des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), signée part plus de 120 pays, dont le Pérou.
Alors que les PAS tentaient de s'attaquer aux causes du sous-développement en favorisant une approche par le haut1, ces Objectifs se concentrent autour de la réduction ou l'enrayement des conséquences du sous-développement, notamment la pauvreté, la mauvaise éducation et les problèmes de santé et d'hygiène, en favorisant une approche par le bas2. Voici quelques domaines qui sont mis de l'avant par les OMD :
- Enrayer l'extrême pauvreté et la faim;
- Assurer l'éducation primaire pour tous;
- Réduire la mortalité infantile;
- Mettre en place un partenariat mondial pour le développement3.
1 Une approche par le haut est un système d'aide où les fonds sont distribués sous la forme de grosses enveloppes et octroyés en premier lieu aux gouvernements, qui eux les redistribuent aux organismes plus petits, comme les autorités municipales et les organisations non-gouvernementales (ONG).
2 Une approche par le bas est le contraire de l'approche expliquée ci-dessus, c'est-à-dire que les fonds sont distribués aux petits projets et aux ONG plutôt que d'ambitieuses réformes des appareils gouvernementaux.
3 Département de l'information, 2005-2007, Les Objectifs du Millénaire pour le Développement. En ligne: http://www.un.org/french/millenniumgoals/.
Page mise à jour le 2011-11-29 à 19:20:16
